#3 [Le début des interviews, un accord avec Monsanto, des manifs qui dérapent]

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 Le reportage vidéo

Le conseil décisionnel est tombé d’accord (constitué de JauneMarine,

le temps qui passe et le logiciel (très lent) d’édition de film): la partie consacrée

au reportage sous forme de vidéo ne sera disponible qu’à partir de janvier.

Il a été décidé de vous donner l’information la plus exacte dans un format le

plus soigné possible même si c’est au détriment de la rapidité.

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Le début de l’enquête

Portait des dispensaires de santé

La ville d’étude c’est Alta Gracia, de 50 000 habitants, située à 36km de Cordoba Capital. Ce n’est pas la pampa, pas besoin d’aller très loin pour trouver des champs proches des zones urbaines.

Afin de faire me interviews, je me rends dans les dispensaires de soins car la population y est facile à approcher. Il y en a 12 au total, répartis dans toute la zone urbaine avec chacun une zone d’influence précise. Les soins qui y sont prodigués consistent en des consultations avec un médecin, généraliste dans tous, quelques spécialistes dans le dispensaire central, des vaccins obligatoires et gratuit, des prescriptions gratuites et le ‘’control de nino sano’’ (control d’enfant sain). Il est clair que les soins étant gratuits et de première nécessité, seulement les classes sociales les plus défavorisées se rendent dans ces dispensaires, ce qui constitue tout de même pas un biais mais un facteur à prendre en considération dans l’étude scientifique. Le premier dispensaire où je me suis rendue est situé au nord est de la ville, en extrême périphérie. Les champs sont directement accolés aux jardins des maisons. Je n’ai pas pu prendre de photos car le quartier est très pauvre et il m’a été très fortement déconseillé de sortir un appareil photo dans les rues. Tous les jours j’arrive à 8h et je dois traverser le quartier pour me rendre au dispensaire. On m’a donné une blouse blanche de médecin que je porte sur le chemin car « les gens on le respect du personnel de soins et n’iront sous doute pas te braquer si ils pensent que tu es médecin. »

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Plus de photos ici.

Les quartiers les plus pauvres se trouvent à la périphérie, celui de Parque Virrey est un quartier des travailleurs et ouvriers. Ainsi les rues sont des chemins de terre, parcourus d’ordures et de chiens errants. Les maisons sont petites, parfois constituées seulement de deux pièces et les murs y sont à nus. Certaines n’ont même pas de portes d’entrée. Dans un quartier encore plus pauvre, j’ai même vu des gens habiter sous de grandes tentes semblables à celles des réfugiés mises en place par l’ONU de par le monde.

Les interviews

La collecte des interviews n’est pas tous les jours simple. Les gens sont très pressés d’en finir avec la ‘’corvée’’ d’aller voir le médecin et ne souhaitent pas nécessairement perdre du temps à répondre à un questionnaire. Le médecin et les infermières m’aident car elles ont figure d’autorité, ma nationalité et mon accent aussi car ils suscitent la curiosité.

Chaque entrevue dure 20 min, plus si les gens ont envie de parler, mais c’est plutôt rare dans les quartiers les plus pauvres. C’est moi-même qui pose les questions. Il a été décidé ainsi après que le médecin m’ait indiqué qu’un nombre non négligeable de personnes étaient analphabète fonctionnel c’est à dire qu’ils ne savent lire et écrire que les choses basiques de la vie de tous les jours. Ce sont à 95% des femmes qui se rendent au dispensaire avec leurs enfants. Les familles sont très nombreuses (jusqu’à 9 enfants pour une jeune femme de 32 ans !).

La loi sur les fumigations aériennes

CaptureAu moment des interviews, les champs alentours ne sont pas cultivés. En tout cas, ils n’ont pas l’air cultivés. Néanmoins, la saison commence tout juste et les semences n’ont soit pas encore été plantées, soit n’ont pas encore assez grandit pour être visible. Cette semaine, j’ai vu des tracteurs appliquer des pesticides pour la première fois, dans les champs éloignés de la ville.

La loi de juin 2014 interdit l’application aérienne des pesticides à moins de 500 m des zones urbaines dans toute la province. De plus, chaque municipalité peut choisir d’augmenter cette limite à 1500m, c’est le cas de Alta Gracia.

Néanmoins, l’application terrestre n’est pas réglementée. Les tracteurs peuvent sprayer les champs à quelques mètres des maisons. Moi-même je ne l’ai pas vu de mes propres yeux.

La saison des fumigations commence tout juste. Je me rends justement dans un autre quartier où se trouve un petit aéroport. Peut-être verrais-je décoller les avions à herbicides, atrazine, glyphosate et 2.4D. Les fumigations n’ont lieu que quelques fois par mois, il faut être la au « bon » endroit au « bon » moment.

L’Université Nationale de Cordoba et Monsanto : pas d’accord avec l’accord

En quoi consiste l’accord

Eh bien j’ai beau chercher des informations concrètes sur ce sujet dans la presse, impossible de savoir de quoi traite exactement l’accord. Malheureusement, la réunion-débat entre la faculté d’agronomie, l’université et les étudiants n’était accessible qu’aux étudiants d’agronomie et je n’ai pas pu m’y rendre. D’après certains étudiants (contre l’accord), il s’agirait d’envoyer des étudiants en stage chez Monsanto et échange d’apui financier de la part de la compagnie. On peut imaginer que cela permettra également des coopérations d’équipes scientifiques entre l’entreprise et l’université, ce qui va a l’encontre du principe de la science libre et sans conflit d’intérêt. Mais ces informations ne m’ont pas été confirmées.

10702145_1487311234878453_4879173581096722061_nLa condamnation de l’université

D’abord, cet accord a été signé par le Recteur de la faculté d’agronomie, Juan Marcelo Conrero. Le président de l’université Francisco Tamarit  ainsi que le conseil supérieur ont condamné cet accord.

D’abord ils pensent que ce traité « ne respecte pas le principe de précaution de la loi environnementale. » En parlé français, sans les détours du discours argentin, cela signifie que cela représente un risque d’exposition aux pesticides ou de dommages à l’environnement. Pourquoi et comment on ne sait pas puisque le fond de l’accord n’est pas accessible à la population. Il n’y a pas de doute que les dirigeants de l’université, eux, connaissent mieux les détails.

La seconde raison mentionnée est qu’ils s’estiment solidaires de la lutte de Malvinas Argentinas, le village qui fait un blocus contre Monsanto depuis bientôt 2 ans. Ainsi, ils ont peur que ce traité « n’aide pas à résoudre les conflits sociaux » provoqués par ce débat.

Le recteur Mr Conrero se défend ainsi que l’entreprise Monsanto. Il dit qu’on ne peut pas attribuer la responsabilité du système d’agriculture actuel (intensif) à l’entreprise mais plutôt aux politiques nationales agronomiques. Ce qui, de fait, n’est pas faux. Si il n’y a pas de cadre juridique ou de lois, on ne peut pas attribuer la faute à une entreprise privée. Par contre, l’implication de l’entreprise privée dans les politiques nationales elles ne sont mentionnées nulle part.

Dérapages des manifestations

L’accord a été signé le 22 Aout 2014. Les mouvements étudiants contestataires se sont manifesté, diverses réunions ont été organisées et celle du 29 octobre a fait scandale.

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En effet, un groupe d’environnementalistes dont l’appartenance à un mouvement étudiant spécifique n’a pas été donnée, a fait preuve de violence. Du glyphosate a même été lancé au visage du recteur Juan Marcelo Conrero. Le nombre de ces troubles faits n’a pas non plus été communiqué.

Ces actions de haine ont été dénoncées par les instances de l’université et ne plaisent pas du tout à la population. Cela ternie l’image des manifestants contre Monsanto. Ces mêmes manifestants ont été choqués par ces évènements et ont déclarés que seulement un petit groupe d’activistes a fait dégénérer les évènements mais que leurs actions ne reflètent pas le mouvement de contestation général.

L’accord a été mis en suspens mais déjà on reparle de relancer les discussions.

Le 29 octobre, une manifestation pour dénoncer cet accord a eu lieu dans le centre de Cordoba (galerie photo en ligne ici).

DCIM100MEDIA

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